Fiducia Logo

 

Chine: retour au réalisme des investisseurs européens

Source: Les Échos
Date: 23 June 1999

Après la "ruée ver l’or" des années 1992 à 1998, c’est la fin du mirage: les sociétés européennes semblent de moins en moins convaincues par les lucratives perspectives du marché chinois. Elles font leurs comptes et, pour plus de la moitié d’entre elles, l’expérience de plusieurs années d’investissements n’est guère concluante. En témoignent les résultats de l’étude 1999 de Fiducia (1), une société de consultants travaillant pour la délégation de l’Union européenne à Pékin.

L’étude, basée sur les réponses de 1500 sociétés européennes ayant investi en Chine à un quetionnaire confidentiel de 80 à 100 pages, révèle que, pour 53% des responsables interrogés, les performances sont au-dessous de leurs attentes ; 50% d’entre eux estiment que leurs profits nets sont inférieurs à ce qu’ils escomptaient. La plupart pensent que les formalités administratives sont trop compliquées, que le risque politique pèse lourd, que le cadre juridique n’est pas adapté aux affaires.


Plus de la moitié pensent que leurs opérations sont affectés par la corruption et 40% se plaignent de contrefaçon. Malgré ces obstacles, 55% des sociétés ont atteint un seuil de rentabilité mais seulement 22% ont amorti leurs investissements.


Des advantages traditionnels

Ces résultats semblent confirmer une tendance au ralentissement – sinon à la pause – des investissements européens en Chine. Les sociétés européennes ont engagés 4.5 millilards de dollars (3.85 milliards d’euros) en 1998 mais "les investissements européens ont chuté de 15% au cours des quatre premiers mois de 1999. Nous espérons qu’il agit d’un déclin temporaire", indiquait la semaine dernière la délégation des Quinze à Pékin. L’étude note le nouveau comportement des hommes d’affaires européens. "Le grand changement par rapport à il y a dix ans, c’est que l’on n’entend plus les sociétés européennes dire : "Nous devons être présents en Chine" Elles rejettent l’argument classique selon lequel la Chine est "différente" car elles savent qu’il n’est plus accepté par leur siège à un moment où toutes les fillales à l’étranger sont évaluées selon les mêmes critères de profitabilité ", explique Jürgen Kracht, le directeur de Fiducia.

Restent les advantages chinois traditionnels : 81% des sociétés questionnées estiment que les coûts de production y sont elevés qu’en Europe mais 63% pensent que la productivité est moindre en Chine.

Si les échecs sont difficiles à dénombrer, il exist aussi des sociétés européennes qui réussissent très bien sur le marché chinois. Selon l’étude, la clef du succès est dan l’approache. Elle doit s’accompagner de tests de vente – 70% des sociétés en difficulté jugent qu’elles ont surestimé la demande. Elle doit aussi se faire graduellement de manière à s’associer aux meilleurs partenaires.

Même si le partenariat sino-européen n’a plus tout à fait le vent en poupe. En effect, face à la possibilité de choisir d’autres structures juridiques autrefois inexistantes, 63% des sociétés s’établiraient plus de joint-ventures aujourd’hui.

LAURENCE SOUSTRAS

(1) Fiducia : "European Investment in China, Results of the 1999 Confidential Survey", étude basée sur les réponses de 1,500 sociétés ayant investi en Chine.

Site Web: http://www.fiducia-china.com




2007 Copyright © Fiducia Ltd., All rights Reserved. Contact Fiducia | Privacy | Disclaimer